historiques de Poillé.
Poillé-sur-Vègre possède un patrimoine riche, formé par des siècles d’histoire rurale et de vie locale. Entre son bourg ancien, ses traces laissées par les activités humaines, le village conserve l’empreinte du passé.
A l'époque gallo-romaine, Poillé se nomme Pauliacus (Pauly chez les gaulois). Après le VII ème siècle : Pouly. Au XIVème siècle : Poile puis Poillé. L'un comme l'autre de ces noms signifiant : pauvre, logis ou terre pauvre, marécage...
Avec l'aide du livre de Roger Bouttier "Histoire de Poillé".
Les premières traces d'occupation
IVème siècle.
Saint Liboire, évêque du Mans, consacre la chapelle Sainte Magdeleine de Pauliaco.
Aux origines du village chrétien
VIIème siècle.
En 616, Pauliacus est inscrit au répertoire officiel des Bourgades.
L'émergence d'une communauté rurale
Xème siècle.
En 995 apparait le premier seigneur de Poillé, Hugues 1er, puis Hubert 1er, Hugues II, Herbert II... Ils contribuent généreusement à la richesse de la puissante abbaye de la Couture au Mans
L'affirmation du pouvoir seigneurial
XIème siècle.
Jordan de Poillé fonde le prieuré Sainte Magdeleine. Le moulin du Val Jordan dit le Grand Val à sa fondation lui doit sans doute son nom. Vers 1070, construction du château.
L'essor médiéval
XIIème siècle.
1191, près du château, construction de l'église Saint Denis et de la Cure qui abrite aujourd'hui la Mairie.
Les terres se défrichent et commencent à être cultivées au profit du Prieuré et des seigneurs. Le village commence à se développer entre les deux églises et le château. Le raidillon qui dessert la vallée de la Vègre devient la rue principale. Ce raidillon, aujourd'hui "les Marches", se situe sur la voie romaine qui relie la Normandie à l'Anjou.
Dans les années 1180-1226, les Templiers construisent une léproserie à l'Hôpiteau, situé à 1km du bourg en direction d'Asnières. Le jour des Rameaux, l'abbaye de la Couture versait aux lépreux de Poillé quatre deniers de ceux que leur avait donné Liziard de Poillé, fils de Geoffroy.
Entre guerres et épreuves
XIVème siècle.
Le Seigneur Huet de Poillé n'a pas de fils et cette Maison s'éteint avec lui. Sa fille, Hélène, unique héritière, porte les terres et la châtellenie de Poillé dans celle des Lenfant, seigneurs de Varennes en Epineux le Seguin, qui resteront seigneurs fondateurs de Poillé jusqu'à la Révolution.
Au soir du 3 décembre 1370, le Connétable Duguesclin part du château de Viré. A Poillé, le gué étant impraticable, il va traverser la Vègre à Asnières et la Sarthe à Parcé. Puis, ayant parcouru 47km dans la nuit, à 6h du matin, aidé par Olivier de Clisson, il tombe sur les Anglais à Ponyvallain et les défait en 2h. Battus le lendemain à Vaas, les Anglais en déroute quittent le pays.
1380... La guerre de 100ans n'est pas terminée. A la demande du Duc de Bretagne, 'l'Anglais" revient ! Profitant du vent de panique qui suit l'annonce de la mort du roi Charles V, il ravage la région. A Poillé se déroule une bataille. Les Anglais la gagne et occupent le village pendant 3 jours, brûlant l'église et le château dont ne subsistent que les murs de soutènement encore visible dans le Marmois.
1390 : première date à laquelle est cité le pont de Poillé sur la Vègre.
La Châtellenie de Verdelles apparaît dans la paroisse de Poillé, Séguin de Meslay en devient le seigneur puis Sénéchal de Champagne en 1372, "damant le pion" au seigneur de Varennes. C'est lé début de quatres sièclesde discordes et de procès entre les deux châtellenies.
La reconstruction après les conflits
XVème siècle.
En 1490, le nouveau seigneur de Verdelles, Colas Leclerc, fait construire le château de Verdelles qui sera terminé en 1494.
Les deux tiers de Poillé qui s'est bien développé relèvent maintenant du seigneur de Verdelles, dit "augmentateur" de Poillé. Cette croissance concerne notamment le bas du bourg qui, sous le côteau, longe la rivière et s'étend vers le moulin du Petit Val et le pont. On y trouve de belles demeures de riches négociants, drapiers et administrateurs ou juristes de la Baronnie de Champagne.
Un temple protestant est construit à Poillé. Détruit par la suite, ses ruines étaient encore visibles en 1826 sur la place des Halles.
Le temps des seigneuries
XVIIème siècle.
En 1647, le seigneur de Verdelles devient Baron de Juigné et y déplace ses prérogatives : foires, justice... Peu à peu, le château de Verdelles sera abandonné.
Un village à la veille de la Révolution
XVIIIème siècle.
En 1789, c'est la Révolution qui met fin aux discordes entre les châtelains de Varennes et de Verdelles. Saisis, les deux châteaux sont vendus comme biens nationaux ainsi que le Prieuré de Poillé.
Pendant la guerre de Vendée, les habitants de Poillé ayant choisi la République se retrouvent isolés parmi les villages chouans. Le village subit plusieurs attaques royalistes entre 1793 et 1799.
Modernisation et essor communal
XIXème siècle.
En 1807 : pose des Marches reliant le haut du bourg et le quartier des Halles.
En 1817 : la découverte et l'exploitation de mines de charbon à Poillé et dans la région permettent la construction de deux fours à chaux ; le chaulage permet d'améliorer les sols et entraîne une certaineprospérité des habitants.
1835 : reprise des travaux de passage de la route départementale 4 (Angers - Alençon) commencés sous Louis XV et Louis XVI. Malheureusement pour que la route puisse traverser le village, le clocher, dernier vestige de la chapelle Sainte Magdeleine, est détruit.
En 1850, la population de Poillé est de 1260 habitants.
1858 : plantation du cèdre et des tilleuls sur la place de l'église. En 1860, le nouveau clocher recoit ses cloches et le lavoir est construit aux Halles.
1881 : la chapelle de la Galoisière est achevée et bénie le 28 juillet.
1892 : après la fermeture des mines et l'xode des ouvriers, la population de Poillé se réduit à 733 habitants.
Des guerres au monde contemporain
XXème siècle.
1918 : la guerre est terminée, le village a perdu 32 hommes !
4 juillet 1943 : une forteresse volante US Tombe à Poillé près de la ferme de la Selle. Le seul survivant des 9 membres de l'équipage est pris en charge par la Résistance.
8 août 1944 : c'est la Libération ! Quelques thanks légers américains délogent un nid de mitrailleuses allemand installé au pied de la Chapelle de la Galoisière qui subit quelques dégâts.